Le porte-parole du gouvernement a aussi fourni sa version du débat parlementaire. «C'est un peu une pièce de théâtre : la majorité crie à l'obstruction et l'opposition à l'atteinte au débat parlementaire», a-t-il expliqué. En réalité, «l'opposition s'est réveillée en se rendant compte qu'elle ne s'était pas mobilisée réellement à l'Assemblée et que le CPE avait été adopté. Elle a eu l'idée de faire de l'obstruction en multipliant les rappels au règlement.» Le débat sur le CPE a donc eu lieu, a-t-il estimé en critiquant les «manoeuvres de fin de semaine» de la gauche.



Génération petits boulots

Pour autant, Jean-François Copé reconnaît qu'il n'y a pas eu de «consultation précise» avec les syndicats. «Ces décisions sont le produit d'années de réflexion à droite comme à gauche», a-t-il argumenté. «Cette piste-là n'avait jamais été utilisée par personne. ... Nous avons le devoir d'avancer.» Bien qu'un chef d'entreprise puisse licencier un employé en CPE sans exprimer de motif, Jean-François Copé a récusé l'idée qu'une femme puisse être renvoyée parce qu'elle est enceinte ou un délégué syndical à cause de son engagement. «Le droit du travail s'applique», a-t-il affirmé.

Fustigeant la politique de la gauche, il a lancé : «La génération Jack Lang, c'est la génération des petits boulots.» Rebondissant sur les dissensions internes à la gauche, il a aussi délivré un satisfecit à l'ancien ministre Bernard Kouchner, qui a refusé de condamner d'emblée le CPE. «Même Ségolène Royal, si vous la poussez un peu, j'ai le sentiment que sur ces sujets, allez, hein, elle irait presque», a-t-il ajouté en interprétant les propos de la présidente de Poitou-Charentes favorables à Tony Blair.

En ce qui concerne l'éventuelle extension du contrat nouvelles embauches (CNE) aux entreprises de plus de 20 salariés, Jean-François Copé a répondu avec prudence. «Cela fait partie des discussions», mais «il faut attendre les résultats». Il livre cependant un chiffre : «260 000 CNE ont été signés, c'est une dynamique intéressante.»

Ministre délégué au Budget, Jean-François Copé a aussi détaillé sa «feuille de route» pour 2007 : «La dépense publique efficace». Une «grande vague d'audit» doit être lancée pour «détecter» partout où des économies sont réalisables. Les effectifs de fonctionnaires pourront être réduits. «C'est le contraire du rabot», a-t-il estimé.