Quoi de plus normal que d'organiser un débat sur le CPE deux jours après avoir voté la grève (40% de votant et 69% pour la grève, soit 28% des étudiants en droit à Nevers se sont exprimés en faveur du mouvement grèviste) ? Mais nous n'allons pas revenir sur ce vote, surtout pas ! Ce vote est légitime, et il l'est, là de dessus nous sommes tous d'accord. Mais peut-être aurait-il été préférable de débattre avant de voter...Mais l'essentiel a tout de même été fait, le débat a eu lieu. Merci aux organisateurs.

Charles Lesire, responsable des Jeunes à l'UMP de la Nièvre, a défendu le CPE, "seul contre tous". En réalité, pas si seul que ça. Bien qu'il fut le seul "officiellement" invité pour défendre le CPE, plusieurs personnes, dans l'assemeblée, ont soutenu la loi du Premier Ministre. Nous n'allons pas ici décrire à nouveau ce qu'est le CPE, car vous trouverez toutes les informations dans ce blog.

Mais il est important de rappeler que le CPE offre de vraies garanties aux jeunes : une garantie de logement, une garantie de formation, une garantie de crédit. Il prévoit aussi, pour la première fois, un filet de sécurité en cas de rupture, un filet de sécurité qu’aucun autre contrat ne propose. C’est quelque chose de neuf, et c’est quelque chose de protecteur pour nous les jeunes. Un salarié - parce qu’il faut sortir des généralités, pour descendre dans la vie réelle -, un salarié, un jeune, qui perdrait son emploi au bout de six mois dans l’entreprise, aurait droit, avec le CPE, à un préavis d’un mois, à un demi mois de salaire, à 7 mois d’allocations chômage, à un accompagnement personnalisé par l’ANPE, chaque mois, un rendez-vous personnel avec un conseiller. Et ce filet de sécurité est étendu avec les partenaires sociaux, en cas de rupture. Au bout d’un mois, les jeunes ont un droit à la formation de 3 mois avec un complément de rémunération.

Ensuite, il a été fait en sorte que les droits du jeune salarié augmentent en fonction du temps passé dans l’entreprise. Je pense en particulier au préavis (de 15 jours à 6 mois), et aux indemnités de rupture : plus le temps passe, plus le licenciement coûte cher, et plus l’entreprise est incitée à garder le salarié. Lorsque la rupture du contrat, dans les 24 mois, est à l’initiative de l’employeur, sauf faute grave, l’employeur verse au salarié, outre les sommes dues au titre des salaires et de l’indemnité de congés payés, une indemnité égale à 8% du montant total de la rémunération brute due au salarié depuis la conclusion du contrat. (idem pou un CDI « classique »). A cette indemnité versée au salarié s’ajoute une contribution de l’employeur, égale à 2% de la rémunération brut due au salarié depuis le début du contrat, recouvrée par les organismes sociaux. Cette somme est destinée à financer les actions d’accompagnement renforcé du salarié par le service publique de l’emploi, en vue de son retour à l’emploi. Alors croyez-vous vraiment qu’une entreprise va se séparer si facilement et sans raison d’un jeune en CPE ?

Concernant la concurrence entre les génération, Charles Lesire ne croit pas que le CPE discrimine quiconque donc porte atteinte à la Constitution, car, faire rentrer les jeunes le plus rapidement et plus sûrement sur le marché du travail permettra de créer de l’activité, de la croissance et donc de l’emploi pour tous. Le CPE permettra aux jeunes d’acquérir plus vite une expérience professionnelle et de leur donner des droits au fur et à mesure de leur progression dans l’entreprise. Ca c’est du concret, avec une véritable ouverture sur l’avenir. Mais, comme il l'a été rappelé par les étudiants en droit, le tribunal constitutionnel est le seul à pouvoir trancher.

Aujourd'hui il est reproché aux jeunes de ne pas avoir d'expérience. Le CPE leur permet de mettre le pied à l'étrier. C'est un coup de pouce qui leur est donné. On peut refuser le CPE, mais alors que proposer d'autres ? de l'intérim sans aucun avenir, sans aucune possibilité de formation et d'aide à l'emploi ou à la stabilité, ou encore pire, un enchaînement de CDD et de stages qui eux n'ont aucune valeur et ne sont pas négociables sur le marché du travail ? C'est celà aujourd'hui la précarité !!

Charles Lesire, partisant de l'expérimentation, souhaite que le CPE soit mis en place le plus rapidement possible, car ce dispositif, faut-il le rappeler, par soucis de tirer les leçons de l’expérience, sera évalué tous les six mois pour mesurer les embauches, avec les partenaires sociaux. Si cette évaluation montre qu’il y a quelque chose à modifier, qu’il y a des éléments à ajouter, ce sera fait, pragmatiquement. Mais il est vrai qu'un suivi des entreprises peut être mis en place afin de s'assurer qu'il n'y ait pas d'abus d'utilisation du CPE (discrimination, licenciement abusif).

Au moment du débat, chacun a campé sur ses positions. Les anti-CPE n'ont pas abordé le refus de dialogue des syndicats alors que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, a, encore aujourd'hui, annoncé qu'il souhaitait rencontrer les syndicats et organisations lycéennes afin d'alléger le CPE et de lever les inquiétudes. Il est question aujourd'hui de diminuer la période de consolidation de 12 mois et de motiver le licenciement par un entretien. Le retrait pur et dure du CPE n'est pas une sollution, essayons, puis modifions. De nombreuses personnes dans l'assemblée ont pensé qu'il fallait s'orienter vers l'expérimentation. Qu'il fallait tester, car, aurjourd'hui ,le CPE est peut-être la chance pour un jeune peu qualifier de trouver un emploi, d'acquérir de l'expérience en entreprise à travers un véritable job.

En apparté, Charles Lesire s'est avoué assez fasciné par cette propension qu'a la société de définir ce que c'est que le paradis et à redouter ce qui serait l'enfer, la société restant sur des présupposés idéologiques. Un pas en avant, c'est le paradis, ou c'est l'enfer. Et si on se dotait de méthodes modernes pour gouverner : évaluation et expérimentation. Si le C.p.e. crée des emplois, pourquoi le redouter et pourquoi le refuser? Expérimentons! Evaluons de bonne foi avec les organisations syndicales, avec les organisations étudiantes. A ce moment-là trois solutions: soit ça marche, et dans ce cas on le garde. Soit ça ne marche pas, et il est évident qu'on devra faire autre chose. Soit ça ne marche qu'à moitié et alors on modifie. Et ainsi personne ne perd la face. On ne peut pas reprocher à un gouvernement de vouloir trouver une solution pour éviter cette singularité que détient la France d'avoir plus de jeunes au chômage qu'ailleurs. Manifester! Est-ce que ce n'est pas davantage contre le chômage qu'il faudrait manifester plutôt que contre, une solution pour s'en sortir (et non pas la solution). La sagesse serait que chacun se retrouve sur une expérimentation de 6 mois.

Le CPE a été beaucoup trop politiqé, il est donc très difficile aujourd'hui de mener un débat sereinement, en essayant de trouver des solutions. La gauche tire des ficelles démagogiques car si toute fois le CPE serait efficace, elle est assurée de perdre les prochaines élections...Mais surtout, le combat de la gauche et les syndicats (salariés et étudiants) est bien plus idéologique que pragmatique : refus total d'aller vers l'avenir, d'accepter de travailler. Rien n'est du à personne, à chacun d'entre nous de faire sa place. Il faut comprendre qu'au début de sa vie il faut de l'ambition, parce que si on n'a pas d'ambition pour soi-même il y a peu de chances pour que d'autres en aient pour vous.