CPE : ne pas reculer mais dialoguer
Si le CPE n'est pas l'alpha et l'oméga, son retrait n'est pas possible
Dans un entretien au quotidien Les Echos, Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l’UMP, appelle à « ne pas d'abandonner ni reculer » sur le CPE mais à « parvenir à trouver les moyens de rouvrir le dialogue ». Pour lui, « les syndicats ont commis une erreur en procédant par ultimatum », car « l'opinion publique suivra ceux qui sont ouverts au dialogue ». Si « le CPE n'est pas l'alpha et l'oméga », « son retrait n'est pas possible ». Pour autant, « on doit pouvoir se donner du temps pour ouvrir le débat sans préalable de part et d'autre » et engager « des négociations qui doivent permettre de sortir d'un conflit préjudiciable à tous ».
Au-delà du CPE et ses éventuelles adaptations, d’autres questions se posent comme :
- Peut-on obtenir des ruptures négociées sans conduire à une judiciarisation excessive qui crée une insécurité pour l'entreprise, des coûts souvent très élevés et des délais trop importants pour les deux parties ? - Comment réduire la peur de l'embauche pour des entreprises qui n'ont pas les services juridiques pour y faire face ? - Doit-on différencier les politiques de l'emploi en fonction de l'âge ? Comment concilier la flexibilité nécessaire aux entreprises et une plus grande sécurisation des parcours professionnels pour les salariés ? - Comment surmonter, au niveau universitaire, la coupure entre des filières qui conduisent à l'emploi et des filières qui conduisent à des taux élevés de précarité ? Sur l’ensemble de ces sujets, le secrétaire général de l’UMP souhaite « ouvrir de véritables négociations.
Ce n'est pas la rue qui peut défaire un texte de loi Pour Gérard Longuet, conseiller politique, « ce n'est pas la rue qui peut défaire un texte de loi ». « Et le respect de la loi vaut bien le respect des manifestants » déclare le sénateur de la Meuse dans un entretien au Figaro. Il rappelle le caractère expérimental et optionnel du CPE : « les employeurs peuvent en rester au CDI, ou au CNE, s'ils ont moins de vingt salariés ». « Si le CPE donne des résultats, il sera toujours temps de le consolider » estime-t-il. « Pour le moment, le blocage est plus psychologique que juridique. Donnons-nous donc le temps d'apprécier sa mise en œuvre ». Enfin, il rappelle combien « le discours sur la méthode de gouvernement est fondamental ». Et d’ajouter : « les Français acceptent les réformes expliquées. On ne fait pas le bonheur des gens sans eux ».
jeudi 23 mars 2006 à 11:08 | 



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