Question : Vous avez parlé de l’autonomie des universités. Comment comptez-vous effectivement redynamiser les universités françaises pour leur permettre d’être réellement compétitives et y faire rentrer l’entreprise de plain-pied ?

Réponse de Nicolas Sarkozy

"Ce n’est pas l’entreprise qui rendra les universités compétitives. J’observe dans les classements internationaux que la première université française se trouve entre la 40e et la 50e place. Ce n’est pas admissible. Je veux d’abord donner des moyens physiques aux universités françaises. Je ne comprends pas que nous soyons le seul pays où les universités n’ont pas de campus dignes de ce nom, des logements pour les étudiants et des logements pour les chercheurs.
Si je suis élu président de la République, le premier grand chantier présidentiel sera de donner à chaque grande université, à chaque région, la chance et les moyens d’un campus de dimension européenne, pour que les jeunes puissent se loger, les chercheurs puissent être reçus, que l’on puisse y faire du sport et que les bibliothèques soient ouvertes le dimanche.
Je veux ensuite créer les conditions d’un statut d’autonomie. Statut sur la base du volontariat, aucune université ne sera obligée de le retenir, mais chacune pourra y être candidate.

L’autonomie :

- c’est la liberté de recruter ses étudiants, notamment étrangers. Nous ne sommes pas condamnés à recruter des étudiants dont on ne veut nulle part ailleurs au monde ;
- c’est la liberté de recruter les meilleurs professeurs à travers le monde. Je veux que les chercheurs du monde entier viennent enseigner à nos étudiants dans nos universités ;
- c’est la liberté de définir des programmes de recherche et de passer des partenariats avec les entreprises pour que ces programmes soient en partie financés par elles. Que les étudiants qui étudient et qui ont un diplôme dans l’université puissent avoir la chance d’un emploi après ;
- c’est la liberté du financement. Tout ne doit pas être financé par le public. Il existe des fondations, des donateurs, des entreprises qui doivent pouvoir financer des universités comme dans toutes les grandes démocraties du monde ;
- c’est changer la gouvernance des universités. Que l’université dispose d’une équipe qui puisse la dynamiser, qui s’engage sur un projet pour qu’il soit mis en œuvre et que cette équipe soit sanctionnée si elle n’atteint pas ses objectifs.

Voilà ce que je veux pour les universités françaises. En vérité, ce que je veux, c’est le meilleur pour elles."