Rétablir le travail : la priorité de Nicolas Sarkozy
La valeur qui fonde tout le projet de Nicolas Sarkozy, c'est le travail. La stratégie qui crédibilise toute son action consiste à dire aux Français : vous allez gagner plus parce qu'on va travailler plus. Et c'est comme ça que, collectivement, nous allons favoriser la création de richesses. Nicolas Sarkozy veux faire de la France le pays de l'innovation et de l'audace. Sa stratégie est de penser que nous réduirons nos déficits et notre dette le jour où nous réhabiliterons le travail.
Le projet de Nicolas Sarkozy représente 30 milliards d'euros en cinq ans, dont 15 milliards d'allégements d'impôts et de charges. Mais il faut apporter deux éléments de compréhension essentiels. D'abord, ce n'est pas la même chose de dépenser pour assister et de dépenser pour investir. Neuf milliards d'euros pour la recherche et l'innovation ne sont pas équivalents à 9 milliards d'euros dépensés pour créer de nouveaux droits sans contrepartie. D'un côté il y a de l'investissement, de l'autre de l'assistanat. Ensuite, il faut savoir que les allégements de charges et d'impôts sur les heures supplémentaires amèneront des recettes de TVA.
L’objectif est de redéployer autour de 5% des 590 milliards d'euros de dépenses publiques. Il y a des gisements considérables. Pourquoi en pourrait-on pas moduler les aides liées aux 35 heures pour verser davantage aux entreprises qui créent des emplois et ont une politique salariale active ?
La priorité de Nicolas Sarkozy sera d’abord la modernisation de la démocratie sociale, car les réformes ont toujours échoué pour l'avoir négligée.
- Le premier pilier de cette modernisation sera la liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles. Une grande négociation paritaire se suscitée pour voir comment cela peut se mettre en œuvre.
- Deuxièmement, Nicolas Sarkozy veut clarifier une bonne fois pour toutes les domaines respectifs du législateur et des partenaires sociaux. Notre système actuel ne fonctionne pas. Il souhaite que les partenaires sociaux disposent de façon effective et systématique d’une période de 6 à 8 mois pour trouver, dans le champ qui est le leur des réponses aux questions qui leur sont posées en matière de droit du travail. Le contrat de travail unique, comme la sécurité sociale professionnelle, les deux formant ensemble la flex-sécurité sera soumis aux négociations car il n'est pas question d'avancer sans concerter. Ce contrat n'est pas de l'idéologie mais une façon de transcender les effets de seuils CDD-CDI et les injustices qui vont avec. Il y aura un dialogue pour la mise en oeuvre.
- Troisièmement : un service minimum dans les transports et les autres services publics sera instauré. C’est la contrepartie du monopole. Sur ce point, il y aura une loi dès juin.
- Quatrièmement la question du vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de 8 jours de grève sera posée. Les risques d'inconstitutionnalité au nom du droit individuel à faire grève sont inexistants. Ce n'est pas parce que 90% des salariés voteront pour la reprise du travail, que les 10% restant ne pourront pas continuer à faire grève. Ils ne pourront pas en revanche maintenir des piquets de grève.
Concernant les heures supplémentaires, le principe de l'exonération des impôts et des charges n'est pas négociable. En revanche, Nicolas Sarkozy sera très attentif à ce que diront les syndicats pour garantir le volontariat. Il ne veut pas faire à l'envers les mêmes erreurs que Martine Aubry. Dès l'été, il soumettra à négociation cette question : comment protège-t-on le salarié qui ne veut pas faire d'heures supplémentaires ?
Car qu'est ce qui crée de l'emploi ? C'est l'activité. Si on augmente le pouvoir d'achat des personnes qui gagnent 1200 ou 1500 euros, le supplément va tout de suite dans la consommation, il n'est pas thésaurisé. L'activité crée de la croissance qui crée de l'emploi. C'est ce qu’ont fait tous les pays qui ont réussi. L'alpha et l'oméga de la croissance économique aujourd'hui, c'est le travail et la connaissance. Les partenaires sociaux auront l'été pour négocier. Il faudra être prêt à l'automne.
rdj58
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mardi 20 février 2007 à 21:14 | #72
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